#On​Sen​Souviendra

Lettres ouvertes aux députés

Pense bête populaire

Lettre ouverte à monsieur Jean-Jacques Candelier

Monsieur Jean-Jacques Candelier,

Vous avez signé, le 11 mai 2016, une motion de censure de gauche contre le gouvernement, en réponse au 49-3 déployé pour faire passer en force la loi travail, sans amendement.

L’utilisation du 49-3 dans ces conditions est un détournement inadmissible de la constitution, un piétinement intolérable de notre démocratie, et la trahison ultime d’un éxécutif qui n’a eu de cesse, depuis 2012, de renier ses engagements électoraux et de servir les intérêts des plus riches au détriment du bien commun.

Ce 49-3 s’assoie sur :

En votant la censure déposée par la droite, vous avez été fidèle à vos engagements et avez agi, au délà d’une simple posture désincarnée, dans le sens de la volonté populaire.

Nous savons combien le texte accompagnant la motion de droite est éloigné de vos convictions. Aucun électeur de gauche ne s’y trompe : Vos motivations sont diamétralement opposées à celles de la motion de droite. Vous avez su dépasser cette apparente contradiction et choisir l’acte plutôt que la posture, dans le sens de l’intéret général : Ce courage vous honore.

Nous vous demandons de réitérer la censure du gouvernement au deuxième passage de cette loi devant l’assemblée nationale. Si une motion de gauche venait à voir le jour, nous vous demandons de voter les deux motions. Il y a de fortes chances que la droite ne vote pas la motion de gauche et vice versa : Les français sont fatigués de ces guerres de chapelles. Il est impératif de tout mettre en oeuvre pour dissoudre ce gouvernement et bloquer la loi travail.

Nous vous invitons aussi à faire tout votre possible pour rallier tous les députés de gauche à cette cause, et les persuader de voter la censure, qu’elle vienne de droite au de gauche, éventuellement contre leur propre parti. Ils se montreront ainsi fidèles à l’idée de la gauche : la défense des travailleurs, plutôt qu’à une étiquette.

Quel que soit votre choix, ce site fera office de pense bête citoyen, en archivant les votes sur les motions de censure. Les électeurs s’en souviendront.

Sincères salutations,

Des citoyens français.

Réponse

Bonjour,

Voici ma réponse sur la motion de censure et le 49.3.

Le premier ministre a choisi d’utiliser l’article 49-3 de la constitution pour faire passer la loi travail sans vote. Cette procédure profondément antidémocratique empêche le débat et l’expression de la représentation nationale.

C’est un triple coup de force : contre le monde du travail, contre les français qui rejettent majoritairement cette réforme, et contre le parlement qui se trouve bâillonné.

Honte à cette gauche qui s’est présentée aux français pour lutter contre la finance en 2012 et qui ne fait que répondre aux injonctions du MEDEF depuis son élection.

En décidant de recourir à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution sur le projet de loi dit « Travail », le Gouvernement a bafoué les droits les plus élémentaires du Parlement, privant la représentation nationale et le peuple d’un débat public qui s’impose sur ce texte essentiel.

Avec mes collègues du groupe Front de gauche, nous avons travaillé à l’élaboration d’une motion de censure progressiste réunissant des écologistes, des radicaux, et des socialistes qui ne se reconnaissaient pas dans ce coup de force antidémocratique. Les règles de la constitution sont claires, il nous fallait 58 signatures de députés pour pouvoir déposer cette motion. Au terme du délai de 24 heures, nous en avons eu 56.

J’ai donc pris mes responsabilités en votant la seule motion de censure examinée, celle déposée par la droite. Bien que ce texte soit à l’opposé de ce que je porte, il était le seul outil à disposition pour faire tomber ce funeste projet de loi et censurer le gouvernement.

La mobilisation doit continuer dans la rue pour obtenir le retrait de ce texte rétrograde. L’unique fois où une loi adoptée via cette disposition constitutionnelle a été mise en échec c’était en 2006, lorsque le 1er ministre Villepin, avait reculé face à la pression de la mobilisation sur le Contrat Première Embauche (CPE).

Jean-Jacques Candelier

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