#On​Sen​Souviendra

Lettres ouvertes aux députés

Pense bête populaire

Lettre ouverte à monsieur Alain Bocquet

Monsieur Alain Bocquet,

Vous avez signé, le 11 mai 2016, une motion de censure de gauche contre le gouvernement, en réponse au 49-3 déployé pour faire passer en force la loi travail, sans amendement.

L’utilisation du 49-3 dans ces conditions est un détournement inadmissible de la constitution, un piétinement intolérable de notre démocratie, et la trahison ultime d’un éxécutif qui n’a eu de cesse, depuis 2012, de renier ses engagements électoraux et de servir les intérêts des plus riches au détriment du bien commun.

Ce 49-3 s’assoie sur :

En votant la censure déposée par la droite, vous avez été fidèle à vos engagements et avez agi, au délà d’une simple posture désincarnée, dans le sens de la volonté populaire.

Nous savons combien le texte accompagnant la motion de droite est éloigné de vos convictions. Aucun électeur de gauche ne s’y trompe : Vos motivations sont diamétralement opposées à celles de la motion de droite. Vous avez su dépasser cette apparente contradiction et choisir l’acte plutôt que la posture, dans le sens de l’intéret général : Ce courage vous honore.

Nous vous demandons de réitérer la censure du gouvernement au deuxième passage de cette loi devant l’assemblée nationale. Si une motion de gauche venait à voir le jour, nous vous demandons de voter les deux motions. Il y a de fortes chances que la droite ne vote pas la motion de gauche et vice versa : Les français sont fatigués de ces guerres de chapelles. Il est impératif de tout mettre en oeuvre pour dissoudre ce gouvernement et bloquer la loi travail.

Nous vous invitons aussi à faire tout votre possible pour rallier tous les députés de gauche à cette cause, et les persuader de voter la censure, qu’elle vienne de droite au de gauche, éventuellement contre leur propre parti. Ils se montreront ainsi fidèles à l’idée de la gauche : la défense des travailleurs, plutôt qu’à une étiquette.

Quel que soit votre choix, ce site fera office de pense bête citoyen, en archivant les votes sur les motions de censure. Les électeurs s’en souviendront.

Sincères salutations,

Des citoyens français.

Réponse

Madame, Monsieur,

J’ai pris connaissance de votre mail relatif au projet de loi “Travail”

Tout au long des mois et des semaines qui viennent de s’écouler, les députés communistes ont été partie prenante des efforts engagés par le mouvement social pour informer les salariés et nos concitoyens sur les dangers de ce texte, la nocivité et l’inefficacité économiques et sociales de ses dispositifs.

Comme mes collègues parlementaires, j’ai participé aux mobilisations qui partout en France, ont témoigné du rejet profond de cette réforme. Mobilisations qui ont exprimé haut et fort l’exigence d’une réécriture du code du travail en concertation, et sur la base de propositions porteuses ainsi que vous le soulignez dans votre courrier, de droits nouveaux et renforcés pour les salariés.

Nous avons participé au débat parlementaire avec la volonté de faire entendre au sein de I’Hémicycle ces attentes du monde du travail et la volonté que priorité soit donnée au dialogue social.

La réponse du Président de la République, du Premier ministre et du Gouvernement est sans appel. En recourant à l’application de l’article 49.3 de la Constitution, l’Etat choisit de privilégier le passage en force.

C’est pourquoi, les députés communistes ont été à l’initiative et ont décidé de s’associer à la rédaction d’une motion de censure qui a recueilli 56 signatures. Un nombre insuffisant certes pour imposer que ce texte soit débattu -il aura manqué deux signatures- mais un résultat positif très fort qui illustre y compris, les interrogations qui traversent la majorité gouvernementale actuelle, confrontée aux difficultés et aux préoccupations prioritaires de nos concitoyens.

Dans un tel contexte, il ne nous reste plus comme outil parlementaire, que la motion de censure déposée par l’opposition de droite. Sans aucune illusion, c’est le seul moyen que nous avons pour dire non à cette loi scélérate qu’on veut nous imposer.

Au lendemain du mépris opposé par le gouvernement aux attentes du monde du travail, plus que jamais s’affirme la nécessité d’une grande mobilisation de toutes les forces sociales et démocratiques qui veulent empêcher l’adoption et la mise en œuvre de cette loi que refusent trois Français sur quatre.

Continuons la mobilisation dans la rue et au Parlement pour obtenir le retrait de ce texte rétrograde.

Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes sincères salutations.

Alain Bocquet

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